Ce livre m'a été offert par Nicolas pour Noël.
Je l'ai dévore en 3 jours environ tellement il est facile et addictif à lire.
C'est l'histoire d'un écrivain qui est contacté par le FBI pour aider à prévenir une série d'incendies criminels. Il est formé a développer son intuition et grâce a une technique de remote viewing, doit essayer d'identifier les prochains bâtiments visées par le criminel. D'abord sceptique, il refuse la mission avant de changer d'avis et de tenter l'expérience.
Le roman avance sur plein de sujets en même temps.
Il y a évidement le parcours du personnage principal. Via cette aventure, il apprends a se faire confiance, a s'écouter, a renoncer aux préjugés et a écarter ses peurs. Le sujet des préjugés est intéressant et soulevé lors d'une séance de remote viewing ou le personnage principal a pour objectif de décrire ce qu'il perçoit. Mais il ne décrit rien, il interprète tout: un gémissement devient un orgasme, deux personnes face a face forment un couple, etc. Il se rends compte aussi que sa vie personnelle est faite de tels jugements: il est mal a l'aise avec sa voisine qu'il pense en train de le draguer alors qu'elle est en relation avec une autre femme. Ce sujet, s'approche de la méditation qui nous entraine a percevoir les choses sans les juger.
Il y a bien sûr l'histoire principale du livre: éclaircir cette histoire d'incendies criminels. On suit l'investigation, les découvertes et les faits rapportés par chaque personnage. A cela s'ajoute une romance avec sa collaboratrice, cheffe du service au FBI. S'y ajoute la révélation de la vérité sur le rôle et la mort du père du personnage principal.
Assez tôt au cours de l'investigation, on comprends que les motifs sont environnementaux. Les bâtiments incendiés sont les sièges de sociétés nocives pour l'environnement et le criminel veut rendre justice a la nature. À travers chaque incendie le roman pointe du doigt le comportement de firmes financières qui jouent un rôle nocif pour l'environnement. Ces comportements sont pointés du doigt, mais aussi certains actes des personnages du roman: vouloir un SUV pour donner bonne impression, jeter un mégot de cigarette dans le caniveau, prendre l'avion sans réfléchir, etc. Le roman semble rester sobre en soulignant ces comportements plus qu'en ne les jugeant.
Et pour finir il y a aussi tout l'imbroglio politique lié à cette affaire. Les politiciens ont des intérêts en jeu vis à vis des évènements et n'hésitent pas à utiliser leurs ressources pour influencer un déroulement qui leur est favorable, même si c'est au détriment d'individus ou de la population entière.
Tous ces points participent au brossage d'un portait plutôt négatif de notre société et de nos comportements. Cependant le roman ne donne pas d'impression déprimante du monde.
Le début du roman me donnait l'impression de reposer sur des clichés de films américains, mais ces éléments se voient justifiés avec l'avancement de l'histoire. Par exemple, avoir une équipe entière décédée puis faire reposer une investigation entière sur une seule personne qui représente tout l'espoir donne une impression d'élu qui va sauver le monde. Ce choix se trouve justifié ensuite par les liens de parenté, la cause du décès de l'équipe et l'état de la directrice du département d'intuitions.
L'intrigue du roman repose beaucoup sur cette capacité intuitive "cultivable" chez l'être humain. Similaires au propos de Wim Hof, on a ici un être humain détaché de son monde naturel et qui doit réapprendre a utiliser son corps, a se remettre a son écoute et se re-concentrer sur lui même. En tant que pièce de roman, le sujet est intéressant pour les idées et analogies qu'il soulève. En revanche ce qui est intriguant est que l'auteur a participe a des formations très similaires a ce qu'il décrit dans son roman, dans une école de l'intuition réelle: l'Iris.